En tentant de saisir les phénomènes
sociaux, cette discipline nourrit-elle une « culture de l’excuse » ?
Analyse d’une controverse alimentée par le premier ministre, Manuel
Valls
« On ne fera pas baisser le racisme en trouvant des excuses sociologiques aux fanatiques », affirmait l’éditorialiste Caroline Fourest en mai 2015 dans un entretien à Libération. « J’en
ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des
explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé »,
expliquait, comme en écho, Manuel Valls quelques mois plus tard. Les
attentats semblent avoir libéré, jusqu’au sommet de l’Etat, une
rhétorique anti-sociologie.
A intervalles réguliers, cette discipline se voit accusée de prendre fait et cause pour les terroristes, les délinquants ou les pauvres. « Il est dramatique que des responsables politiques fassent semblant de ne pas distinguer les deux significations du mot comprendre, réplique Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, responsable de l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux à l’université d’Aix-Marseille. Au sens affectif, ce verbe veut dire avoir de l’empathie, mais, au sens intellectuel, il revient à expliquer pourquoi deux plus deux font quatre. »
Cette confusion, le sociologue l’a vue à l’œuvre dès 2001. Alors que la campagne contre l’insécurité bat son plein, il publie dans Le Monde un article intitulé « Pour comprendre la violence » qui lui vaut des critiques. Aujourd’hui, il met les points sur les « i ». « La vision moralisatrice domine le débat public. Mais notre travail à nous, c’est d’objectiver la réalité. Par définition, nous ne devons pas nous demander si ce que nous trouvons...
En savoir plus sur .lemonde.fr
A intervalles réguliers, cette discipline se voit accusée de prendre fait et cause pour les terroristes, les délinquants ou les pauvres. « Il est dramatique que des responsables politiques fassent semblant de ne pas distinguer les deux significations du mot comprendre, réplique Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, responsable de l’Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux à l’université d’Aix-Marseille. Au sens affectif, ce verbe veut dire avoir de l’empathie, mais, au sens intellectuel, il revient à expliquer pourquoi deux plus deux font quatre. »
Cette confusion, le sociologue l’a vue à l’œuvre dès 2001. Alors que la campagne contre l’insécurité bat son plein, il publie dans Le Monde un article intitulé « Pour comprendre la violence » qui lui vaut des critiques. Aujourd’hui, il met les points sur les « i ». « La vision moralisatrice domine le débat public. Mais notre travail à nous, c’est d’objectiver la réalité. Par définition, nous ne devons pas nous demander si ce que nous trouvons...
En savoir plus sur .lemonde.fr


ليست هناك تعليقات:
إرسال تعليق